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Entretien du ministre
délégué aux anciens
combattants avec le magazine "Illico" du
15 avril 2005 (propos recueillis par
Jean-François Laforgerie)
:
"Anciens combattants :
Aucune différence entre les
victimes"
Le
Ministre délégué aux
Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera
répond en exclusivité pour
"Illico" sur les demandes des associations
concernant la déportation
homosexuelle.
Q. -
Chaque année, les
cérémonies de
commémoration du souvenir de la
déportation connaissent des
incidents, notamment en régions,
où les associations homosexuelles
sont rarement intégrées aux
cérémonies officielles. Que
comptez-vous faire, cette année,
pour éviter les problèmes
?
R. -
Nous ne faisons aucune différence
entre les victimes, c'est la politique de
mon ministère. Toutes les
catégories de victimes [il en
existe huit officiellement] sont pour moi
identiques. Chacun doit considérer
que l'hommage lui est rendu dès
lors qu'il a été victime du
nazisme et cela quelqu'en soit le motif :
racial pour certains, le fait d'être
homosexuel ou tzigane pour d'autres.
Chacune de ces catégories est
respectable et on doit évidemment
lui rendre hommage au même titre
qu'aux autres. Ce n'est ni dans
l'intérêt des homosexuels ni
d'ailleurs dans celui d'autres
catégories de se distinguer par
rapport aux autres. Ceci est notre culture
et c'est ce que nous appliquons et que
nous appliquerons à l'occasion des
cérémonies du 24 avril. Tout
le monde sera invité et des
associations homosexuelles le seront aux
cérémonies officielles au
même titre que les autres. Une
circulaire dans ce sens sera d'ailleurs
adressée aux préfets.
Aujourd'hui, les chiffres que nous
possédons concernent 210
déportés pour
homosexualité. Nous ne tenons pas
compte du fait de savoir si ces
déportés étaient
résidants dans des territoires
annexés ou non, nous rendons
hommage à tous ceux qui ont
été
persécutés. Cette
catégorie de déportés
a été
persécutée pour des choses
qui sont naturelles et qui les regardent.
C'était leur liberté
individuelle qui était en jeu et
nous leur devons le respect que l'on doit
à toutes les victimes du
nazisme.
Q. -
Jusqu'à présent, une seule
enquête officielle a
été conduite en France sur
la déportation des homosexuels.
Souhaitez-vous relancer des recherches sur
cette question ?
R. - Ce
sont les associations qui
s'intéressent aux homosexuels qui
doivent le faire. Je n'y verrai que des
avantages, cela enlèverait ce
côté étatique et le
soupçon que l'État puisse
faire dire n'importe quoi aux chiffres.
D'ailleurs, cela fait partie de l'objet
même de certaines de ces
associations.
Q. -
Mais vous savez qu'elles n'auront pas
accès à un certain nombre
d'archives et seule une autorisation
gouvernementale peut lever cet obstacle
?
R. - Je
ne peux pas vous répondre parce que
vous supposez que l'on va leur interdire
l'accès aux documents, leur
interdire de faire de la recherche
librement. C'est une simple supposition de
votre part. Je ne détiens pas les
archives. Et je vous répète
que je ne vois pas d'inconvénients
à ce que des associations se
lancent dans cette recherche comme
d'autres le font pour d'autres aspects de
notre mémoire. La
vérité ne devrait porter
atteinte à personne. Cela
étant, la recherche est aussi un
travail de spécialistes, de
chercheurs, homosexuels ou non, qui
souhaitent s'investir dans ce domaine.
Cela évite souvent que les
résultats ne soient ni sous
dimensionnés, ni
surdimensionnés.
Q. - Les
associations homosexuelles demandent
aujourd'hui la pose au camp alsacien du
Struthof d'une plaque commémorant
la déportation des homosexuels. Y
êtes-vous favorable ?
R. - Sur
ce point, je ne peux pas vous
répondre actuellement. Nous sommes
aujourd'hui investis dans l'avancée
du chantier du Centre européen du
résistant déporté qui
sera inauguré à l'automne.
Une fois que le mémorial sera
achevé et inauguré, nous
aborderons d'autres sujets. Il faudra de
toute façon qu'une étude
faite par une commission soit
réalisée à la demande
du ministère. Je sais qu'il existe
dans ce camp un mur comportant
déjà d'autres plaques
commémoratives mais je ne l'ai pas
vu. J'irai le voir. Je regarderai en toute
objectivité ces plaques. Si toutes
les catégories de
déportés sont
honorées à
égalité par une plaque, je
ne vois pas pourquoi, dans ce cas, je
dirais non."
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=4106
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