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Lettre-type du
mardi 15 mars aux directeurs
départementaux de l'ONAC
(Office national des anciens
combattants et victimes de
guerre), leur demandant à
participer aux réunions de
préparation des
cérémonies du 24
avril prochain :
DE :
<Logo et
coordonnées de la
Fédération des
CGL>
<Logo et
coordonnées de la
Coordination InterPride
France>
<Logo et
coordonnées de
l'association LGBT
locale>
ATTN :
<Coordonnés
des directeurs
départementaux de
l'ONAC>
Le mardi 15 mars
2005
Objet :
Préparation de la
Journée nationale du
souvenir de la
déportation, le 24 avril
prochain
Madame la
Directrice,
Monsieur le
Directeur,
Le 26 avril 2001,
l'État reconnaissait pour
la première fois la
déportation homosexuelle
effectuée durant la
Seconde Guerre mondiale à
partir de la France. Dans un
discours prononcé à
l'hôtel des Invalides, le
Premier ministre, Lionel Jospin,
déclarait "important que
notre pays reconnaisse pleinement
les persécutions
perpétrées durant
l'Occupation contre certaines
minorités : les
réfugiés espagnols,
les Tziganes ou les homosexuels".
Le 15 novembre suivant, un
rapport de la Fondation pour la
mémoire de la
déportation
précisait que 210
personnes au moins ont
été victimes de
déportation pour
homosexualité (dont 206
d'Alsace et de Moselle). Leur
nombre réel est sans doute
bien supérieur mais le
colonel Claude Mercier,
signataire du rapport, constate
lui-même qu'il n'est pas
certain "d'avoir eu accès
à toutes les archives du
monde combattant comme des
Archives de France". En outre,
plus d'un demi-siècle
d'opprobre a
étouffé la voix des
survivants. L'unique
témoin français de
la déportation
homosexuelle, Pierre Seel, a mis
en évidence le rôle
des fichiers de police des
homosexuels constitués par
la République
française avant le 17 juin
1940 puis transmis aux
autorités allemandes alors
qu'ils auraient dû
être détruits. Dans
un entretien au magazine "Illico"
publié le 28 mars 2002, le
secrétaire d'État
à la défense
chargé des anciens
combattants, Jacques Floch,
saluait le rapport Mercier et
rappelait que la
déportation homosexuelle
"est une partie de l'histoire de
France". Dans le même
magazine, Irène Michine,
chargée de communication
de la FNDIRP
(Fédération
nationale des
déportés et
internés résistants
et patriotes), estimait que "ces
gens déportés
doivent être reconnus
victimes de la déportation
comme d'autres", ajoutait qu'il y
a "maintenant des faits
historiques auxquels il ne faut
pas mêler des
préjugés
personnels", et précisait
qu'il était "souhaitable
que le triangle rose apparaisse
sur les monuments
commémoratifs". Enfin, en
2002, le Président de la
République, Jacques
Chirac, déclarait que "le
devoir de mémoire n'ignore
pas les souffrances que les
homosexuels ont endurées".
Cette reconnaissance a
déjà permis
l'apposition d'une plaque sur le
Mémorial de la
déportation, situé
à Paris, sur l'île
de la Cité. Toujours
à Paris, le ministre
délégué aux
anciens combattants, Hamlaoui
Mékachéra, et le
préfet de police,
Jean-Paul Proust, étaient
présents le dimanche 25
avril 2004 lors du
dépôt de gerbe des
associations qui portent le
souvenir de la déportation
homosexuelle, après la
cérémonie
officielle de la Journée
nationale du souvenir des
victimes et des héros de
la déportation.
Depuis 2001, les
conditions de participation de
ces associations à la
Journée du souvenir se
sont donc sensiblement
améliorées.
Cependant, force est de constater
que selon les
départements, des
inégalités
perdurent. Suite à son
appel du 7 janvier, la
Fédération
française des Centres gais
& lesbiens et de leurs
Membres associés (qui
regroupent 138 organisations et
2.546 militant/es lesbiennes,
gaies, bi et trans et accueillent
environ 30.000 personnes par an)
a pu constater que le 25 avril
dernier, les
cérémonies ne se
sont pas toujours aussi bien
passées que dans la
capitale. À Grenoble et
à Montpellier par exemple,
les associations qui portent le
souvenir de la déportation
homosexuelle ont
été
empêchées de
déposer une gerbe à
l'issue de la
cérémonie
officielle, en contradiction avec
la circulaire
n°1666/CAB/PROTO/ED
émise le 27 février
2002 par le secrétaire
d'État à la
défense chargé des
anciens combattants (dont les
instructions avaient pourtant
été
rappelées le 23 avril 2003
par le secrétariat
d'État aux anciens
combattants). Ailleurs, les
demandes de concertation de ces
associations avec les
préfet/es ou avec les
associations de
déporté/es et
familles de
déporté/es sont
souvent restées lettre
morte. La loi du 14 avril 1954,
qui institue la Journée du
souvenir, dispose clairement que
les "cérémonies
officielles évoqueront le
souvenir des souffrances et des
tortures subies par les
déportés dans les
camps de concentration".
Dès lors, y aurait-il deux
poids, deux mesures ? La loi
de la République
vaudrait-elle pour tous sauf pour
les homosexuels ?
<Contexte de
l'association LGBT
locale>
Représentant/e
d'une institution chargée
de veiller sur les
intérêts de
l'ensemble des
déporté/es, vous
jouez un rôle
éminent au cours des
cérémonies de la
Journée du souvenir. En
conséquence, Madame la
Directrice, Monsieur le
Directeur, nous vous demandons de
nous indiquer votre sentiment sur
la meilleure façon de
célébrer dans notre
ville, le dimanche 24 avril
prochain, le souvenir de toutes
les déportations. Nous
vous demandons également
de bien vouloir nous inscrire sur
la liste des associations
référencées
auprès de vos services et
invitées aux
cérémonies
républicaines qui
relèvent de votre ressort,
puis de bien vouloir veiller
à ce que nous recevions
des invitations pour la
cérémonie du 24
avril prochain, au titre
d'association portant le souvenir
de la déportation
homosexuelle. Vous trouverez
ci-après une
présentation des actions
que nous avons menées
à ce titre et un
exemplaire de nos statuts. Il
dépend notamment de vous
que partout en France, dans notre
département comme à
Paris, celles et ceux qui portent
le souvenir de la
déportation homosexuelle
soient associées au mieux
aux cérémonies,
dans la dignité, le
recueillement et le respect de
l'égalité
républicaine.
Le 11 mars, les
organisations qui nous
soutiennent ont rencontré
le ministère
délégué aux
anciens combattants afin
d'évoquer ces questions et
de préparer au mieux la
prochaine Journée du
souvenir. Après trois
heures d'une discussion franche
et cordiale, ils sont convenus de
se retrouver d'ici fin mars. Pour
préparer ce second
entretien, les organisations qui
nous soutiennent, et notamment la
Fédération
française des CGL,
tiendront le plus grand compte de
la réponse que vous
voudrez bien nous
apporter.
Dans l'attente de
cette réponse, nous nous
plaçons à votre
disposition pour tout
complément d'information,
et serions par exemple heureux de
vous rencontrer lors d'un
prochain rendez-vous à
votre convenance. Nous vous
prions d'agréer, Madame la
Directrice, Monsieur le
Directeur, l'expression de nos
sentiments les plus
respectueux.
C/C :
Préfecture
P/J :
-
Présentation des actions
menées par notre
association en vue de porter le
souvenir de la déportation
homosexuelle ;
- Un exemplaire de
nos statuts
<Pour
l'association LGBT
locale>
Avec le soutien
de :
Pour l'INTER CENTRES LGBT,
La Présidence,
Forum gai &
lesbien,
CGL Lyon
Pour Forum gai & lesbien,
CGL Lyon,
Le Président,
Jean-Paul Bidet
Pour le Collectif
contre l'homophobie et pour
l'égalité des
droits,
Le Président,
Hussein Bourgi
Pour les
"Oublié(e)s" de la
mémoire,
Le Président,
Jean-Marc Astor
Pour la
Coordination InterPride
France,
Le Président,
Stéphane Corbin
Pour les Flamands
roses,
Christophe Fourmeau,
Membre actif
Pour
Mélo'Men,
Le Président,
Laurent Doyen
Pour les Gais et
lesbiennes branchés,
Le Président,
Pierre Léonard
Pour Aujourd'hui,
autrement,
Olivier Rouchon
Pour "On est
là !",
Olivier Rouchon
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