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MEMOIRE PRESSE
2004-06-22
Texte du 27
avril
Recueillement,
dimanche, au pied de la Noble
Tour Journée de la
Déportation : refuser
l'intolérable
Profond
recueillement, dimanche matin,
à la Noble Tour,
mémorial
départemental de la
résistance et de la
déportation.
D'année en année,
les acteurs de cette
cérémonie changent
peu : un impressionnant
cortège de porte-drapeaux
sous la présidence de
Jacques Gabriels,
accompagné par la musique
militaire ainsi qu'un piquet
d'honneur du 43e régiment
d'infanterie de Lille, mais
aussi, notamment, le
préfet Jean-Pierre Richer,
les élus et le
général de division
Farbos, gouverneur militaire de
Lille et officier
général de la zone
de défense Nord.
L'émotion est toujours
là, surtout lors de la
prière pluri-cultuelle,
réunissant le chanoine
Jean-Marc Bernard, le rabbin
Dahan et l'imam Tebbri, rappelant
la mémoire des millions de
déportés qui ont
péri dans les camps de la
mort. Michelle de Coninck,
présidente de la
fédération
départementale, a lu le
message des
déportés. On y
rappelle que si, en juin 1944,
l'annonce du débarquement
fut connu rapidement dans les
prisons et les camps de
concentration, "il fallut encore
presque une année pour
voir s'ouvrir les portes des
geôles nazies et
japonaises". Plus de 50 ans ont
passé mais la
détermination des
déportés est
toujours aussi forte, appelant
chacun à "
préserver
l'héritage humaniste de la
résistance " et à
savoir "refuser
l'intolérable".
Triangle rose
Si le triangle rouge était
celui porté par les
résistants dans les camps,
la couleur rose concernait, elle,
les déportés
homosexuels. Depuis 14 ans, les
Flamands roses participent
à la commémoration.
Dimanche encore, soutenus par
Frédéric Marchand
et Martine Aubry, une trentaine
de représentants des
mouvements gays et lesbiens ont
rendu hommage aux
déportés, tandis
que le reste du cortège
quittait la Noble Tour, semblant
ignorer leur présence. Une
gerbe " Souvenir ensemble " a
été
déposée et un texte
lu, rappelant que, dans les
camps, " des milliers de
personnes sont mortes, gays ou
lesbiennes ". Les Flamands roses
ont évoqué leur
mémoire et leurs
souffrances, comme celles des "
tziganes, Témoins de
Jéhovah, juifs,
activistes, émigrés
et prisonniers politiques".
"Placés" en marge de cette
cérémonie, ils ont
souhaité y être
"officiellement associés"
et "participer au financement de
la gerbe commune", afin que "les
victimes homosexuelles de la
déportation soient enfin
reconnues".
A. D.
Ph.
Stéphane MORTAGNE
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