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Discours FLAMANDS
ROSES
Journée de
la Mémoire
25 avril 2004
Nous, les Flamands
Roses, en ce jour funeste du
souvenir, nous souvenons ensemble
des tristes périodes de
déportation, où
sous le joug nazi et le
régime vichyste, et donc
sous le règne de la
violence, de la barbarie, de la
cruauté, de la haine, de
l'intolérance des milliers
d'homosexuels sont morts dans
d'atroces souffrances, parce
qu'ils étaient gays ou
lesbiennes, nous ne pouvons les
oublier.
Aujourd'hui, nous
nous souvenons que d'autres
personnes, d'autres
communautés telles que les
Tziganes, les témoins de
Jéhovah, les Juifs, les
activistes, les
émigrés, les
prisonniers politiques, en ont
également
été victimes.
Hélas, pour
de nombreuses victimes, on ne
leur reconnaît pas le droit
de mémoire. Et pourtant,
oui pourtant, une lueur d'espoir
éclaira le ciel noir et
ténébreux,
lorsqu'en avril 2001, Lionel
JOSPIN, alors Premier Ministre,
évoqua la question de la
déportation pour
orientation sexuelle, en disant
notamment qu'il était
important que notre pays
reconnaisse pleinement les
persécutions
perpétrées durant
l'Occupation contre certaines
minorités à savoir
les réfugiés
espagnols, les Tziganes, et les
homosexuels et que nul ne devait
rester à l'écart de
cette entreprise de
mémoire. Puis, un peu plus
tard, en novembre 2001, la
Fondation pour la Mémoire
de la Déportation
placée sous le patronage
de Jacques CHIRAC,
Président de la
République, rendit public
une partie de ses travaux, et
avait déjà
recensé 203 personnes
arrêtées,
torturées puis
déportées en raison
de leur orientation sexuelle dans
les 3 départements annexes
du Bas Rhin, du Haut Rhin et de
Moselle.
On pouvait penser
à l'époque, que ces
2 évènements
marqueraient enfin le
début de la reconnaissance
de la déportation pour
homosexualité. Or, il n'en
est rien, puisqu'en effet, nous
n'avons toujours pas la
possibilité, et ce n'est
pas faute d'avoir
revendiqué et de continuer
à réclamer, de
participer au financement de la
gerbe commune, de participer
à la préparation de
la cérémonie du
souvenir et d'y être
associé officiellement.
Nous demandons également
que Monsieur Raffarin et son
gouvernement donnent la
possibilité aux chercheurs
de la Fondation pour la
Mémoire de la
Déportation
d'étendre leur recherche
à tous les
départements
français, quel que soit
leur zone, à savoir la
zone libre et la zone
occupée aussi qu'aux
autres catégories de
victimes de la déportation
comme les Triangles Noirs.
Par ailleurs,
nous, les Flamands Roses,
combattons également pour
que cesse enfin la haine
homophobe parce qu'il est
inconcevable, inadmissible,
insupportable, inhumain qu'un
homosexuel au sortir de son
domicile soit brûlé
vif. Similitude de l'histoire,
à des périodes
différentes, ce crime
odieux et monstrueux nous
remémore ce qu'ont
vécu, ce qu'ont subi les
homosexuels, il y a de cela 60
ans. Puisque les gay et les
Lesbiennes comme les autres
victimes ont souvent
été la proie des
lance-flammes nazis. Ces
scènes de mise à
mort s'effectuaient
régulièrement, trop
régulièrement,
hélas. Au regard de ces
scènes horribles,
affreuses, immondes,
démoniaques'on constate
aisément que l'acte fut le
même à des
époques
différentes. Tout cela est
inadmissible car bien que nous
ayons obtenu la
dépénalisation de
l'homosexualité en France
en 1982, l'abrogation du
paragraphe 175 en Allemagne, peu
ou prou en France, est fait pour
lutter contre la haine homophobe.
A nos dirigeants,
nos parlementaires, nous posons
les questions suivantes : quand
comptez vous agir pour qu'enfin
les homosexuels victime de la
déportation soient
reconnus ? Oui quand ? Il me
vient en mémoire de belles
déclarations,
prononcées en 2003, qui
hélas à ce jour ne
se sont pas encore
concrétisées, ce
sont celles d'Éric DANIEL,
chef du protocole au
Secrétariat d'État
aux Anciens Combattants qui avait
confirmé les intentions du
Secrétaire
d'intégrer les
associations homosexuelles aux
cérémonies,
lesquelles nous paraissaient
aller dans le bon sens pour
rester sur ses sages paroles : "
Il faut qu'on arrive à un
dépôt de gerbe
unique, parce qu'ils se sont tous
retrouvés dans les
mêmes camps de
concentration, et c'est leur
mémoire à tous
qu'on commémore en cette
journée du souvenir de la
déportation ".
Ces propos, nous
les Flamands Roses en faisons les
nôtres.
Mesdames,
Messieurs, je vous invite
solennellement avant le
dépôt de la gerbe
à 1 minute de
silence.
Les Flamands Roses
tiennent à vous remercier
toutes et tous pour votre
présence.
Merci.
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