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JOURNE DU SOUVENIR
DE LA DEPORTATION
COMMUNIQUE DE PRESSE COULEURS
GAIES - METZ 2005
Couleurs Gaies
Centre LGBT-Lorraine Nord
Lesbien, Gay, Bi, Trans
21 avril 2005
Soixantième anniversaire
de la libération des
camps :
Zut,
on a encore oublié les
déportés pour
homosexualité !
Résumé:
Pour la
septième année
consécutive, Couleurs
Gaies, Centre Lesbien, Gay, Bi et
Trans de Lorraine-Nord, devra
commémorer en marge de la
cérémonie
officielle le martyre des 206
Alsaciens et Mosellans
déportés pour motif
d'homosexualité pendant la
Seconde guerre mondiale. Le
souvenir des souffrances
infligées à ces
hommes n'a apparemment toujours
pas le droit de citer en Moselle.
Une cérémonie
parallèle aura donc lieu
dans la dignité à
l'issue de la
cérémonie
officielle du dimanche 24 avril,
vers 11h 00, au Mémorial
départemental de la
déportation situé
au fort de Queuleu à Metz.
Cette cérémonie,
pendant laquelle tous les motifs
de déportation seront
cités, aurait pu
être évitée
si les associations d'anciens
déportés avaient
daigné recevoir les
représentants de Couleurs
Gaies et si la Préfecture
et l'Office Départemental
des Anciens Combattants (ODAC)
avait bien voulu faire respecter
les nouvelles circulaires
nationales. Le retour à
l'unité dans le
recueillement aurait
été un symbole fort
à l'occasion du
soixantième anniversaire
de la libération des
camps : RDV
manqué !
Les
faits:
Entre 1939 et
1945, l'Alsace et la Moselle sont
annexées par le Reich
nazi. Celui-ci déporte sur
son territoire les homosexuels
selon les directives d'une loi
appelée communément
"paragraphe 175". 206 homosexuels
alsaciens et mosellans seront
déportés dans les
camp de concentration du Struthof
et de Schirmeck (Alsace). Parmi
eux, Pierre Seel, fiché
quelques années avant la
guerre comme homosexuel par la
Police française. Au
total, on estime au plus bas
à 5000 le nombre
d'homosexuels morts dans les
camps de concentration. Ils
étaient issus de plusieurs
pays d'Europe, dont la
France.
Du déni au
début d'une certaine
reconnaissance:
A la fin de la
guerre, les
déportés pour
homosexualité
cachent le motif de leur
déportation pour
éviter de nouvelles
persécutions. Le motif de
déportation pour
homosexualité, pourtant
connu des autorités, est
occulté pendant 50 ans.
Aujourd'hui, en Allemagne, en
Autriche et aux Pays-bas, les
autorités ont reconnu la
déportation des
homosexuels dont la
mémoire est
préservée par des
plaques commémoratives ou
des monuments funéraires.
En France, un début de
reconnaissance s'amorce en 2001.
M. Lionel Jospin, alors Premier
Ministre, tient des propos
explicites à ce sujet: "
Nul ne doit rester à
l'écart de cette
entreprise de mémoire. Il
est important que notre pays
reconnaisse pleinement les
persécutions
perpétrées durant
l'occupation contre certaines
minorités, les
réfugiés espagnols,
les tziganes ou les
homosexuels.". Le
secrétariat d'Etat aux
Anciens combattants fait alors
passer une circulaire aux
préfets leur rappelant que
les associations sont
autorisées, comme tout
citoyen, à déposer
une gerbe à l'issue des
cérémonies
officielles. La même
année, un rapport de la
Fondation pour la Mémoire
de la Déportation
révèle que
l'ouverture récentes de
certaines archives a permis de
retrouver les noms de 210
français
déportés pour motif
d'homosexualité, dont 206
provenaient des
départements
annexés d'Alsace et de
Moselle.
Notre
revendication:
Nous
considérons que le
discours d'un Premier Ministre ne
suffit pas à compenser 50
ans de déni historique ni
à honorer la
mémoire des 210
Français
déportés pour motif
d'homosexualité. Nous
demandons depuis sept ans que les
discours prononcés lors
des cérémonies de
la Journée nationale du
souvenir des victimes et des
héros de la
déportation citent les
motifs de déportation.
Quelle est la valeur
éducative de ces
cérémonies si elles
ne rappellent pas pourquoi
certains de nos
aînées ont
été
déportés?
En 2005 :
promesses non-tenues et
circulaires
non-appliquées :
En 2004, la
Préfecture de la Moselle
et l'ODAC avaient demandé
aux adhérents de Couleurs
Gaies d'être plus discrets
pour faciliter, à
l'occasion des réunions de
préparation de la
cérémonie d'avril
2005, l'amorce d'un dialogue avec
la FNDIRP
(Fédération
Nationale des
Déportés,
Internés,
Résistants et Patriotes),
principale
fédération
d'anciens déportés
en Moselle. En 2004, Couleurs
Gaies a tenu sa promesse. En
revanche, malgré plusieurs
relances, notre association
attend toujours de pouvoir un
jour discuter de vive voix avec
les responsables locaux de la
FNDIRP qui refusent de nous
rencontrer. Pire, il semblerait
que la Préfecture de la
Moselle et l'ODAC n'aient pas
l'intention d'appliquer les
récentes circulaires
obtenues auprès de leurs
autorités de tutelle par
la Fédération
française des Centres Gais
et Lesbiens, dont Couleurs Gaies
est membre. Le 8 avril 2005, le
Directeur Général
de l'Office Nationale des Anciens
Combattants demandait aux
Directeurs des services
départementaux de
permettre aux associations
homosexuelles d'être
invitées aux
cérémonies selon un
protocole à définir
notamment en relation avec le
Préfet. Au 21 avril,
Couleurs Gaies attend toujours
d'être
invitée.
En
conclusion :
Couleurs Gaies ne
conteste pas pour le plaisir de
contester. La
cérémonie
parallèle que nous
organisons depuis maintenant sept
ans, à l'instar de
nombreuses autres associations
homosexuelles partout en France,
est un acte de protestation
contre la perpétuation de
l'oubli orchestrée par le
protocole républicain et
les associations d'anciens
déportés. Le jour
où les discours des
cérémonies
officielles citeront les motifs
de déportation, notre
cérémonie n'aura
plus lieu d'être. En
attendant ce jour, Couleurs Gaies
appelle celles et ceux qui
veulent se recueillir à la
mémoire de toutes les
victimes de la déportation
à venir nous rejoindre au
fort de Queuleu le dimanche 24
avril, vers 11h00, à
l'issue de la
cérémonie
officielle.
Couleurs Gaies,
Centre LGBT - Lorraine
Nord
31, rue des
Tanneurs - 57000 METZ
Tél : 03.87.17.46.85.
Mel :
couleursgaies@hotmail.com
Net :
www.couleursgaies.org
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