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Dimanche 25 avril
2004
Journée Nationale du
Souvenir des
Déportés
DISCOURS DE LA
CEREMONIE SPECIFIQUE
A LA MEMOIRE DES DEPORTES POUR
HOMOSEXUALITE
AU FORT DE QUEULEU A METZ
Nous sommes
réunis aujourd'hui pour
commémorer le martyre des
victimes du nazisme
déportées dans les
camps de concentration pour motif
d'homosexualité.
En effet, la
cérémonie
officielle qui a eu lieu ce matin
ne peut pas nous
satisfaire.
Les
autorités publiques
refusent de citer les motifs qui
ont amenés de nombreux
français à
être
déportés, rendant
par là caducs les
objectifs de la
cérémonie
républicaine. Comment
peut-on prétendre rendre
hommage aux victimes sans
reconnaître leur
identité
particulière qui les a
conduit à être la
cible de la barbarie ? Comment
peut-on prétendre vouloir
empêcher que de telles
atrocités se reproduisent
en occultant les motifs aux noms
desquels elles ont
été
perpétrées ?
Les associations
d'anciens combattants,
guidées par une homophobie
des plus ordinaire, s'appuient
sur cet universalisme complaisant
pour refuser de reconnaître
à la déportation
pour homosexualité en
territoire français la
place qui doit être la
sienne. Il leur en coûte
trop d'imaginer, qu'un jour, les
mots "résistants", "juifs"
et "homosexuels" puissent
être accolés dans un
discours officiel.
Nous, nous
affirmons que les individus
déportés ne l'ont
pas été par hasard,
mais pour des raisons bien
particulières,
stigmatisées par une
idéologie sanguinaire dont
les nazis n'ont pas le monopole
et qui est toujours prête
à resurgir. C'est
pourquoi, pour permettre à
toutes les victimes de la
déportation une
véritable
réparation morale et pour
empêcher que les errances
du passé ne se
répètent au
quotidien et à l'avenir,
nous rendons hommage aux :
- Malades
mentaux
- Résistants et Opposants
politiques
- Témoins de
Jéhovah
- Tziganes
- Francs-maçons
- Juifs
- et Homosexuels ...
... qui ont
été
déportés.
La récente
agression de Sébastien
Nouchet, aspergé d'essence
puis immolé par des
agresseurs homophobes, nous
rappelle que nos revendications
ne sont pas d'ordre symbolique.
Elles dépassent le simple
devoir de mémoire. Elles
sont la conséquence
directe de la discrimination qui
frappe encore aujourd'hui les
homosexuels dans notre pays et
dans le monde entier. Si la lutte
contre l'homophobie est
évidemment loin
d'être gagnée,
désormais nous ne nous
laisserons plus faire.
Des recherches
historiques ont aujourd'hui
prouvé de façon
indubitable la déportation
de 210 Français pour motif
d'homosexualité. Notre
responsabilité est grande,
en tant que Mosellans, de briser
le silence qui pèse encore
sur cette déportation. La
Moselle compte, en effet, parmi
les trois départements
français annexés
à l'Allemagne pendant la
guerre et dans lesquels la
législation homophobe
allemande s'exerçait avec
la même vigueur
qu'outre-Rhin.
206 Alsaciens et
Mosellans ont été
envoyés dans les camps de
Schirmeck et du Struthof,
déportés par les
nazis munis des fichiers de la
police française.
Je vais maintenant
vous lire un passage de La
Guenille, livre d'André
Sarcq en hommage à Pierre
Seel et son ami Jo, tous deux
déportés pour
raison
d'homosexualité.
()
Souvenons-nous de
ces personnes, hommes ou femmes,
qui furent
déportées,
torturées, tuées
pour le seul crime d'avoir
aimé.
Couleurs Gaies
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