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LORRAINE - 57 -
SARREGUEMINES
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EMERGENCE 57
ARTICLE DU REPUBLICAIN
LORRAIN
2004
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Histoire :
journée de la
déportation
" Il y avait aussi le triangle
rose "
Emboîtant le
pas d'autres associations de
lutte contre les discriminations,
Emergence gays et lesbiennes de
Sarreguemines se rendra au
monument aux morts dimanche. En
marge de la
cérémonie
officielle, elle entend rappeler
le sort de centaines
d'homosexuels
déportés et
tardivement reconnus.
Sans provocation
ni ostentation, l'association
Emergence se rendra dimanche au
monument aux Morts de
Sarreguemines pour y
déposer "une gerbe ou un
bouquet de fleurs" à la
mémoire des homosexuels
déportés. Cela se
fera dans la plus stricte
intimité sans perturber la
cérémonie
officielle. Mais cela se fera
tout de même en
réaction au silence que le
Préfet de région a
opposé à la demande
de l'association, qui relaie la
revendication unique et
première du
Mémoriel à la
Déportation Homosexuelle,
de citer dans le discours
prévu en la circonstance
les motifs de déportation
: "les malades mentaux, les
résistants et opposants
politiques, les témoins de
Jéhovah, les Tziganes, les
francs-maçons, les juifs
et les homosexuels".
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Ceci afin que le
message délivré
lors de cette Journée de
la Déportation prenne un
sens encore plus aigu dans le
contexte actuel de montée
de l'intolérance. "Nous
avons tous un devoir de
reconnaissance vis-à-vis
des déportés, sans
exception, commente Christophe
Ochs, président
d'Emergence. A notre niveau, nous
ne sommes pas là pour
remuer le couteau dans la plaie,
mais par devoir de conscience et
parce que les actes homophobes se
poursuivent. Il est, à nos
yeux, important de savoir
pourquoi tous ces gens ont
été
déportés." Par ce
geste symbolique qu'ils
accompliront dimanche, les
membres d'Emergence entendent
également briser le tabou
de la déportation des
homosexuels, classés
asociaux et marqués du
triangle rose.
Officiellement,
206 Alsaciens et Mosellans
homosexuels ont subi ainsi
l'épuration nazie avec la
collaboration française.
Après la guerre, les
déportés
homosexuels, comme les criminels,
ne pourront obtenir ni
reconnaissance, ni indemnisation
au regard de la loi. Evidemment,
ce refus de l'Etat
français de
légiférer sur le
sort de ces victimes des camps
est perçu par la
communauté homosexuelle
comme une approbation de la
déportation
elle-même. Ce que ne devait
pas ignorer le gouvernement qui,
en 1960, laisse passer
l'amendement Mirguet. Celui-ci
classe l'homosexualité
"fléau social" et donne
aux dirigeants du pays la
possibilité de
légiférer par
décret pour la combattre.
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La toute jeune
association Emergence, qui milite
et agit à Sarreguemines
contre toutes les formes de
discriminations, considère
donc qu'elle ne pouvait demeurer
impassible lors de cette
journée
commémorative. "J'ai
écris au Préfet qui
n'a même pas daigné
répondre par un
accusé de
réception, explique
Christophe Ochs.
Néanmoins, il y a une
évolution puisque
l'association Couleurs Gaies de
Metz a obtenu l'autorisation de
pouvoir déposer une gerbe
dimanche à Metz." Non sans
difficulté, puisqu'il a
fallu cinq ans à Couleurs
Gais pour se faire accepter dans
le dispositif mis en place chaque
quatrième dimanche d'avril
dans l'enceinte du Fort Queuleu.
Selon Alexandre
Delfosse, vice-président
de l'association, une
réunion s'est
déroulée au
préalable avec le
directeur de cabinet du
Préfet, le responsable des
associations d'Anciens
Combattants et le chef du
protocole de l'armée: "On
nous a indiqué que le
discours ne pouvait être
changé puisqu'il venait de
Paris. Par contre, on nous a
permis de déposer une
gerbe après le
départ des participants
à la
cérémonie. On a, en
fait, reçu l'autorisation
de faire ce qu'on faisait
officieusement avant, en
présence du chef du
protocole et de
personnalités politiques.
C'est une maigre avancée,
mais pour nous un pas est franchi
puisqu'auparavant nous
n'étions pas du tout
autorisés à
accéder à ce
monument."
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