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Edition
provisoire
Holocauste,
antisémitisme et racisme
P6_TA-PROV(2005)0018
B6-0069, 0070, 0073, 0074, 0076 et
0077/2005
Résolution du
Parlement européen sur le souvenir
de l'Holocauste, l'antisémitisme et
le racisme
Le
Parlement européen ,
- vu les
articles 2, 6, 7 et 29 du traité
sur l'Union européenne et l'article
13 du traité CE, qui font
obligation aux États membres
d'observer les normes les plus rigoureuses
en matière de droits de l'homme et
de non-discrimination, ainsi que la Charte
européenne des droits
fondamentaux,
- vu ses
résolutions antérieures sur
le racisme, la xénophobie et
l'antisémitisme des 27 octobre
1994(1) , 27 avril 1995(2) , 26 octobre
1995(3) , 30 janvier 1997(4) et 16 mars
2000(5) , le rapport de 1990 de sa
commission d'enquête sur le racisme
et la xénophobie et sa
déclaration écrite du 7
juillet 2000 sur le souvenir de
l'Holocauste(6) ,
- vu le
règlement (CE) n° 1035/97 du
Conseil du 2 juin 1997 portant
création d'un Observatoire
européen des
phénomènes racistes et
xénophobes(7) et les
différents rapports de
l'Observatoire sur le racisme dans l'UE,
notamment ceux intitulés
"Manifestations de l'antisémitisme
dans l'UE 2002-2003" et "Perceptions de
l'antisémitisme dans l'Union
européenne", tous deux
publiés en mars 2004,
- vu la
déclaration de Berlin
adoptée lors de la deuxième
conférence de l'OSCE sur
l'antisémitisme, tenue à
Berlin les 28 et 29 avril 2004, et la
récente nomination, par l'OSCE, du
représentant personnel pour la
lutte contre
l'antisémitisme,
- vu la
déclaration adoptée à
l'issue du "Forum international de
Stockholm sur l'Holocauste",
organisé à Stockholm du 26
au 28 juin 2000, qui demandait le
renforcement de l'enseignement de
l'histoire de l'Holocauste,
- vu la
proclamation du 27 janvier 2005 comme
Journée de commémoration de
l'Holocauste dans plusieurs États
membres de l'UE,
- vu
l'article 108, paragraphe 5, de son
règlement,
A.
considérant que le 27 janvier 2005,
qui marque le 60e anniversaire de la
libération du camp d'extermination
de l'Allemagne nazie d'Auschwitz-Birkenau,
où ont été
assassinés un nombre total de
près d'un million et demi de Juifs,
Roms, Polonais, Russes et de prisonniers
de diverses nationalités ainsi que
des homosexuels, constitue une occasion
importante pour les citoyens
européens de rappeler et de
condamner l'horreur monstrueuse et la
tragédie de l'Holocauste, mais
aussi d'aborder la montée
préoccupante de
l'antisémitisme et, plus
particulièrement, des incidents
antisémites en Europe, ainsi que de
réapprendre les enseignements plus
vastes des dangers qui sont liés
à la persécution de
personnes fondée sur la race,
l'origine ethnique, la religion, la
catégorie sociale, les convictions
politiques ou l'orientation
sexuelle,
B.
considérant que l'Europe ne doit
pas oublier sa propre histoire, que les
camps de concentration et d'extermination
construits par les nazis font partie des
épisodes les plus honteux et les
plus douloureux de l'histoire de notre
continent; considérant que les
crimes d'Auschwitz doivent rester dans la
mémoire des
générations futures, comme
une mise en garde contre des
génocides similaires, qui se
nourrissent du mépris de l'autre,
de la haine, de l'antisémitisme, du
racisme et du totalitarisme,
C.
considérant que les discriminations
fondées sur la religion et
l'origine ethnique sont toujours
pratiquées à divers niveaux,
en dépit des mesures importantes
adoptées par l'Union
européenne en application de
l'article 13 du traité CE,
D.
considérant que les Juifs d'Europe
éprouvent un sentiment
d'insécurité accru à
cause de l'antisémitisme
propagé sur Internet, lequel
s'exprime par des profanations de
synagogues, de cimetières et
d'autres sites religieux, ainsi que par
des attentats contre des écoles et
des centres culturels juifs ou contre des
Juifs en Europe, attentats qui ont fait de
nombreux blessés,
E.
considérant que l'Holocauste a
marqué durablement la conscience de
l'Europe, ce qui s'explique notamment par
la haine meurtrière à
l'égard des Juifs et des Roms,
fondée sur l'identité
raciale ou religieuse, mais que cela
n'empêche pas l'antisémitisme
ni les préjugés raciaux ou
religieux de demeurer une menace
très grave pour ceux qui en sont
victimes ainsi que pour les valeurs
européennes et internationales de
démocratie, de droits de l'homme et
d'État de droit et, partant, pour
la sécurité de l'Europe et
du monde,
F.
considérant qu'il faut un dialogue
permanent avec les médias au sujet
de la contribution tant positive que
négative que les informations
qu'ils diffusent et leurs commentaires
peuvent apporter à la perception et
à la compréhension des
problèmes religieux, ethniques et
raciaux, ainsi qu'à la
présentation de la
vérité historique,
1. rend
hommage à toutes les victimes des
nazis et se déclare convaincu
qu'une paix durable en Europe doit se
fonder sur le souvenir de l'histoire du
continent; rejette et condamne les
idées révisionnistes et la
négation de l'Holocauste, qui sont
scandaleuses et contraires à la
vérité historique, tout en
se déclarant
préoccupé par la
montée des partis
extrémistes et xénophobes et
par l'accueil favorable dont leurs
idées bénéficient de
plus en plus dans l'opinion;
2.
appelle les institutions de l'Union
européenne, les États
membres et tous les partis politiques
démocratiques d'Europe:
-
à condamner tous les actes
d'intolérance et d'incitation
à la haine raciale, ainsi que tous
les actes de harcèlement ou de
violence raciste,
-
à condamner tout
particulièrement et sans
réserve tout acte et toute
manifestation d'antisémitisme,
quelle qu'en soit la nature;
-
à condamner en particulier tous les
actes de violence motivés par la
haine ou l'intolérance religieuse
ou raciale, y compris les agressions
dirigées contre les lieux de culte,
les sites religieux ou les sanctuaires
appartenant à des Juifs, à
des Musulmans ou à d'autres
confessions, ou contre des
minorités, tels les Roms;
3.
demande instamment au Conseil et à
la Commission ainsi qu'aux
différents échelons de
l'administration locale et
régionale et aux gouvernements
nationaux des États membres de
coordonner leurs actions en matière
de lutte contre l'antisémitisme et
les attentats visant des groupes
minoritaires, notamment les Roms et les
ressortissants de pays tiers dans les
États membres, afin de
défendre les principes de
tolérance et de non-discrimination
et de promouvoir l'intégration
sociale, économique et
politique;
4. est
convaincu que ces efforts devraient aussi
comporter la promotion du dialogue et de
la coopération, aux niveaux local
et national, entre les différents
segments de la société, en
ce compris le dialogue et la
coopération entre les
différentes communautés
culturelles, ethniques et
religieuses;
5.
réaffirme sa conviction selon
laquelle le souvenir et l'enseignement
sont des éléments essentiels
des efforts entrepris pour que
l'intolérance, la discrimination et
le racisme appartiennent au passé
et demande instamment au Conseil, à
la Commission et aux États membres
de renforcer la lutte contre
l'antisémitisme et le racisme en
encourageant, notamment parmi les jeunes,
l'information sur l'histoire et les
enseignements à tirer de
l'Holocauste:
- en
favorisant le souvenir de l'Holocauste,
par exemple en proclamant le 27 janvier
Journée européenne de
commémoration de l'Holocauste sur
tout le territoire de l'UE,
- en
renforçant l'information sur
l'Holocauste, par exemple en faisant de
toutes les institutions commémorant
l'Holocauste, en particulier le
musée d'Auschwitz-Birkenau
(Panstwowe Muzeum Auschwitz-Birkenau w
Oswiecimiu ) et le Centre d'information
sur l'Holocauste de Berlin (Stiftung
Denkmal für die ermordeten Juden
Europas ) des ressources
européennes, en inscrivant
l'information sur l'Holocauste et la
citoyenneté européenne parmi
les éléments de base des
programmes scolaires sur tout le
territoire de l'UE, et en situant la lutte
actuelle contre le racisme, la
xénophobie et
l'antisémitisme dans le contexte de
la Shoah (Holocauste);
- en
veillant à ce que les programmes
scolaires des 25 États membres de
l'UE abordent avec la plus grande rigueur
historique l'enseignement de l'histoire de
la Seconde guerre mondiale et en profitant
de ce que le Parlement a inscrit au budget
2005 des crédits destinés
à permettre aux écoles de
l'UE d'adopter des tombes et des monuments
de guerre;
6. se
félicite de l'intention
exprimée par la présidence
luxembourgeoise de relancer l'examen de la
proposition de décision-cadre du
Conseil relative à la lutte contre
le racisme et la xénophobie(8) , et
demande instamment au Conseil de parvenir
à un accord pour mettre hors la
loi, au niveau européen,
l'incitation à la haine raciale et
religieuse sur tout le territoire de l'UE,
tout en préservant la
légitime liberté de
parole;
7.
invite la Commission, d'une part, à
procéder à un examen de
l'application de la directive 2000/43/CE
relative à l'égalité
raciale(9) en vue de renforcer l'action de
l'Union européenne en
matière de lutte contre la
discrimination et, d'autre part, à
organiser une grande conférence
regroupant tous les acteurs
concernés, en particulier les
représentants politiques, les
institutions publiques des niveaux
national, régional et local ainsi
que les ONG et les associations actives
dans ce domaine;
8.
charge son Président de transmettre
la présente résolution au
Conseil, à la Commission, ainsi
qu'aux gouvernements et aux parlements des
États membres et des pays
candidats.
(1) JO C
323 du 21.11.1994, p. 154.
(2) JO C
126 du 22.5.1995, p. 75.
(3) JO C
308 du 20.11.1995, p. 140.
(4) JO C
55 du 24.2.1997, p. 17.
(5) JO C
377 du 29.12.2000, p. 366.
(6) JO C
121 du 24.4.2001, p. 503.
(7) JO L
151 du 10.6.1997, p. 1.
(8) JO C
75 E du 26.3.2002, p. 269.
(9) JO L
180 du 19.7.2000, p. 22.
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