Si les lesbiennes sont particulièrement
actives dans le mouvement
associatif des années 70, les établissements qui leurs sont destinés ne
connaissent pas le développement spectaculaire des bars
masculins. Au début des années 70, les guides homos ne recensent plus
que 6 établissements de nuit pour les lesbiennes. Le plus ancien
d'entre eux, "le Monocle",
ne terminera pas la décennie. Sa clientèle avait vieilli et sa formule
s'était peu renouvelée depuis les années 30, alors au fait de sa
gloire. Il renaîtra sous une autre forme dans les années 80. "Le Katmandou"
d'Elula
Perrin, surfe sur les tendances de la mode et attire toujours une
clientèle jeune et exclusivement féminine. Il reste la locomotive
féminine du quartier Saint Germain.
Madame Moune va être contrainte de céder son
établissement de la rue Pigale, "Chez Moune",
qui conserve néanmoins sa spécificité, sa clientèle et son nom. Madame
Martini, qui est déjà à la tête de nombreux bars de nuits à Paris, va
lui confier l'animation du "New
Moon",
toujours dans la même rue. Ce cabaret va aussi présenter un spectacle
de lesbiennes, plus pour les touristes en goguette que pour les filles.
Il en est de même pour le "Elle
et Lui", le cabaret de Monsieur Marcel, dont la clientèle
est davantage constituée de messieurs voyeurs que de lesbiennes.
Plus fréquenté par les filles, "Le
Pousse au Crime"
à Saint Germain, est le dernier établissement lesbien recensé par les
guides au début des années 70. L'établissement est tenu par Yvonne, une
ancienne du Carroll's, qui a fermé ses portes. Sur deux niveaux, les
filles peuvent se rencontrer entre elles mais l'entrée n'est pas
interdite aux hommes qui restent très minoritaires et surtout très
sages.
Le paysage lesbien de la capitale reste donc bien pauvre par
rapport à ce qu'il était dans les années 30. A part deux
bars-discothèques, la plupart des établissements perpétue la vieille
tradition des cabarets lesbiens qui n'intéresse plus que les touristes.
Heureusement, la fin de la décennie va voir éclore, dans le sillage du
Katmandou,
quelques nouveaux bars.
L'ancien "Nuage"
à Saint Germain, après avoir été abandonné par Gérard Nanty, va attirer
de plus en plus de lesbiennes. Le quartier des Halles va non seulement
voir ouvrir quelques bars de mecs mais aussi un nouveau bar de filles :
"Hellzapoppin",
14 rue Saint Denis accueille les gays et les lesbiennes mais chacun a
son étage, le mecs au premier sous-sol, les filles au second sous-sol.
Dans le
7e, le "Sèvres' Inn"va
aussi se spécialiser auprès de cette clientèle. En juin 1979, c'est le
quartier de la rue Sainte Anne qui se dote d'un bar lesbien, "La
Champmeslé" est ouvert par Josy. Contrairement aux
précédents, cet
établissement va traverser les années avec une belle constance.
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années 70
sélection Hexagone Gay :
- Didier ERIBON, Dictionnaire
des Cultures Gays et
Lesbiennes, Larousse, 2003
- Florence TAMAGNE, Revue
d'Histoire moderne et contemporaine, Ecrire l'histoire des
homosexualités en Europe : XIXe - XXe siècles. tome 4,
Editions Belin, 2006
- Jean-Louis CHARDANS, British group
of sexological research, History and antology of homosexuality,
histoire et anthologie de l'homosexualité, Centre d'Etudes
et de Documentations Pédagogiques Paris, 1970
- Iconographie : Collection privée de Cartes Postales
- Frédéric MARTEL, Le Rose et le
Noir - Les Homosexuels en France depuis 1968.
- Elisabeth Quin - Bel de Nuit,
Gerald Nanty - Livre de Poche, 2007
- Jacques Bertholon & Xavier de Vilmorin - Guide Johnnie
Walker de la Nuit - Hachette - 1982
- Revue
Gai Pied
- Guides
Spartacus - Brüno Gmûnder - années 70
- Guides
Incognito - Années 70
- Archives du Centre LGBT Paris Ile-de-France
- Témoignages et archives personnelles : Jean-Marc, Marc, Philippe.
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